The Future of Fragrance - Parolier des Parfums
17 octobre 2011THE FUTURE OF FRAGRANCE
http://www.youtube.com/watch?v=645AiY1rlLU&feature=g-upl
BRAND PHILOSOPHY
As an alternative fragrance house, Etat Libre d’Orange is an authentic and respected force in the perfume industry.
Perfume enthusiasts have become more knowledgeable and discerning.
Etat Libre d’Orange has responded by taking risks.
Etat Libre d’Orange works with brilliant perfumers and without the restraints of the usual cost formulations of the fine fragrance industry.
Etat Libre d’Orange gives Givaudan and Mane a creative freedom to produce unusual and remarkable scents.
PRODUCTS
Etat Libre d’Orange is an eclectic and audacious collection of 22 perfumes.
While original and unique, the scents demonstrate a respect for the traditional art and craft of perfume creation.
The fragrances have a timeless potential and are studies in contrast :
Luxurious and daring
Elegant and subversive
Honest and mysterious
With each creation, Etat Libre d’Orange evolves and reinvents itself.
A CORNER BOUTIQUE
Much of our strength and inspiration comes from our location. Which also serves as a metaphor for our philosophy. 69 rue des Archives is located on a corner in the center of Paris, in the quarter known as Le Marais. We are at the crossroads of all that is exciting and notorious in this unique neighborhood.
WE ARE AT THE CROSSROADS, A PERFUME HOUSE WITH IMAGINATION
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PAROLIER DES PARFUMS
http://www.youtube.com/watch?v=GfwRoiVW0cc
PHILOSOPHIE DE LA MARQUE
Etat Libre d’Orange est une maison indépendante d’édition de parfums créée en 2006 au 69 de la rue des Archives dans le Marais à Paris.
En collaboration créative étroite avec les parfumeurs les plus imaginatifs et talentueux de chez GIVAUDAN et MANE, Etat Libre d’Orange s’adresse à un public grandissant d’amateurs passionnés de parfums en privilégiant l’originalité, l’audace et l’authenticité.Etat Libre d’Orange se libère de la censure et propose un retour aux sources essentielles du parfum et à sa puissance d’évocation et de séduction.
Etat Libre d’Orange restitue au parfumeur un enthousiasme et une totale liberté d’expression. L’artiste créateur élabore pour Etat Libre d’Orange des compositions olfactives surprenantes en utilisant des matières premières aux coûtants radicalement supérieurs aux usages de la parfumerie fine internationale.
PRODUITS
Etat Libre d’Orange propose une gamme éclectique, originale et unique de 22 parfums. Les fragrances et les noms inattendus bousculent les usages et séduisent par la singularité et la sincérité des formules.
Etat Libre d’Orange est devenu en 5 ans un acteur respecté de l’industrie ayant reçu 5 étoiles au classement du New York Times et plus récemment le Prix des Spécialistes décerné par la Fragrance Foundation France pour avoir osé une parfumerie innovante et toute en contraste.
Luxueuse et provocante - Elégante et subversive - Honnête et mystérieuse.
A travers chaque création, Etat Libre d’Orange évolue et se réinvente. Chacune des créations Etat Libre d’Orange s’inscrit dans la gamme de manière permanente. Disponible en Eau de Parfum 50 ml.
PARFUMERIE D’ANGLE
Notre maison parisienne au 69 rue des Archives est une parfumerie d’angle sur deux étages en plein coeur du Marais. A l’image de notre lieu de naissance à la rencontre de deux rues, nous signons notre marque en cocarde républicaine sur la tranche des flacons pour mieux exprimer notre « aspérité » créative à l’image de notre parfumerie.
Malaise of the 1970s
31 août 2011Donner à un jus le nom d’un groupe dont les stars s’appelaient « le pourri » et « le vicieux », et l’imposer dans une grande surface de la beauté, on a trouvé ça drôle.
Mais ça n’est pas forcément toute l’histoire. On en a d’autres en magasin.
Parce qu’au fond, qu’est-ce que c’est qu’un parfum ? Une potion à réinventer ses souvenirs. Une matrice à générer des récits, qui changent selon la façon dont chacun entre dans l’odeur.
Et si on en tirait les conséquences en rhabillant le même parfum d’autant de noms, de personnages et de scénarios qu’il en inspire ? Si on lui donnait des avatars ?
Alors on prend Sex Pistols et on le rebaptise d’un nom qui colle à la crise…
Vous n’y étiez pas ? Vous avez oublié ? On vous fait une piqûre de rappel. Balayés, les derniers relents de patchouli qui trainent dans le sillage de l’été de l’amour.
Le malaise a l’odeur métallique des Années de Plomb : groupuscules clandestins, guérilla urbaine, détournements d’avion, attentats à la bombe.
Le malaise a l’odeur métallique de la Dame de Fer qui démolit la société britannique à grands coups de sac à main pour la livrer aux lois du marché.
Le malaise a l’odeur métallique des cordes de guitare qu’on torture dans les squats de chômeurs de Londres, des épingles de sûreté qu’on se plante dans la joue, des lames de rasoir qu’on porte en sautoir.
Le malaise a l’odeur métallique des flancs des vaisseaux spatiaux qui vont nous emporter Anywhere out of this world, comme disait Baudelaire : n’importe-où hors du monde. « Il y a bien longtemps, dans une galaxie très, très lointaine » avec Luke Skywalker et la princesse Leïa. Dans le vaisseau-mère musical de Rencontres du Troisième Type, guidés par François Truffaut dont le regard généreux va bientôt s’éteindre. Dans les entrailles du cargo Nostromo où un Alien à la bave sulfurique, planté dans le corps des prolos de l’espace comme une grossesse inversée monstrueuse, explose comme un cri dans une gerbe de viscères.
Le malaise a l’odeur métallique du sang, oui, mais aussi la brûlure du poivre qui nous monte au nez… Ah…ah…nar…CHIE ! Mais encore une curieuse douceur sucrée dans laquelle on s’enfonce comme on broie dans son poing la chair d’un fruit blet. Et l’âcreté du cuir dont on se barde pour faire la nique aux fleurs des hippies.
« No More Heroes », martèlent les Stranglers, mais on trouve la Force avec Luke et Leïa. On tend la main aux doux extra-terrestres de Spielberg. On massacre la saleté qui nous ronge de l’intérieur avec Ripley, l’androgyne souveraine.
« No Future », vomissent les Sex Pistols, mais le futur, on s’en fout autant que l’antihéros de Trainspotting qui ne sait pas encore qu’il aura un jour les mêmes traits que le Jedi Obi-Wan Kenobi : « Choisis ton avenir. Choisis la vie… Mais pourquoi je ferais ça ? J’ai choisi de ne pas choisir la vie. J’ai choisi autre chose. Et la raison ? Il n’y a pas de raison. Qui a besoin de raison quand on a l’héroïne ? »
Alors on revient à nos premières amours. On choisit l’héroïne. Qu’elle s’appelle Leïa, Ripley ou Sister Morphine, c’est toujours une Dame Blanche qui nous fait basculer hors du monde légué par la baronne Thatcher. Un geste de résistance, comme le parfum, d’ailleurs, ce mal élevé qui nous pompe l’air dès qu’on le sort du flacon. Et qu’on ne peut pas plus empêcher de pénétrer son corps qu’on ne peut s’empêcher de respirer.
Malaise of the 1970s, c’est aujourd’hui. Le fond de l’air est à la crise, mais il sent plutôt bon.
The Sex Pistols are dead, long live Malaise of the 1970s!
We thought it was hilarious to name a juice after a band whose stars were called Rotten and Vicious so we could sell it in a cosmetics emporium. But that’s not necessarily the whole story. In fact, we have many more in stock.
Because what is perfume, when you think of it? A potion we use to reinvent our memories. The matrix of as many stories as there are ways of getting into the scent. So what if we drew the consequence of this story-generating mechanism by dressing up the same perfume with as many names, characters and plotlines as it inspires? What if we gave it avatars?
So we’re taking ‘Sex Pistols’ and giving it a new name that fits these troubled times…
You weren’t there? You’ve forgotten? Here’s a booster shot.
Blast off the last wafts of patchouli trailing after the Summer of Love.
Malaise gives off the metallic smell of the Lead Years: underground activists, urban guerrillas, plane hijackings, bomb attacks.
Malaise gives off the metallic smell of the Iron Lady tearing down British society – “There’s no such thing as society” – to sell off the rabble and rubble to the City.
Malaise gives off the metallic smell of guitar strings being tortured in London squats, of safety pins stuck in cheeks, of razor blades slicing through the skin of pallid chests.
Malaise gives off the metallic smell of the spaceships that will carry us Anywhere out of this world, as Baudelaire once said. “A long time ago, in a galaxy far, far away” with Luke Skywalker and Princess Leia. Aboard the musical mother-ship of Close Encounters, led by François Truffaut, whose generous gaze will soon go out. In the bowels of the Nostromo freighter where a vitriol-blooded Alien, thrust into the body of space proles like a monstrous reverse-pregnancy, bursts out in a gut-splattered howl.
Malaise gives off the metallic smell of blood, yes, but also the burn of pepper spray in our noses… Ah… ah…ah… nar… CHY! And a strange sweet softness we sink into like we’d grind the flesh of an overripe fruit in our fist. And the pungency of the leather armour we slip on to scare off the hippies.
“No More Heroes”, the Stranglers growl, but Luke and Leia give us the Force. We hold out our hand to Spielberg’s mild-mannered aliens. We butcher the bug that’s eating us up from inside with Ripley, the kick-ass androgyne.
“No Future”, the Sex Pistols vomit, but we don’t care about the future, any more than Trainspotting’s antihero, who doesn’t know yet he’s a dead ringer for Obi-Wan Kenobi: “Choose your future. Choose life… But why would I want to do a thing like that? I chose not to choose life. I chose somethin’ else. And the reasons? There are no reasons. Who needs reasons when you’ve got heroin?”
So we’re going back to our first loves. We choose heroin. Whether she’s called Leia, Ripley or Sister Morphine, she’s still the White Lady who can blast us out of the world bequeathed by the Baroness Thatcher. An act of resistance: like perfume, an ill-bred lout that gets up your nose as soon as it’s released from the bottle – you can’t keep it out of your body, any more than you can stop breathing.
Malaise of the 1970s is what today smells like. Not so bad, actually.
L’été selon Etat Libre d’Orange - Summer by Etat Libre d’Orange
9 août 2011Il fait chaud. Un peu humide.
Une paresse lascive vous gagne, mêlée de curiosité. Vous poussez la porte du 69 de la rue des Archives.
Là, une histoire d’amour, de sensualité et de trahison de joue devant vos yeux.
L’intrigue du dernier feuilleton estival? La quatrième de couv’ d’un bouquin douteux laissé sur un transat?
Non. C’est la rencontre du Traître - celui-là même dont on fait l’Eloge - et de Vraie Blonde. Les masques tombent sous l’effet de la promiscuité. La nudité de la Vénus, sa tignasse de blé mûr étourdissent le bad boy de la garrigue malgré ses chaînes en or.
Il rend les armes.
La suite au n°69.
The weather is hot. Slightly moist.
You are overrun by a lazy, lascivious feeling. But something arouses your curiosity. You push open the door of number 69 of the rue des Archives.
There, a love story steamed with sensuality and betrayal is being played.
Is this the plot of a summer TV show? Or the summary of some lame book forgotten by the pool?
No. It is all about the encounter of a Traitor - his very one who is being praised - with the True Blonde. Masks fall under the effect of promiscuity.
The True Blonde is a Venus whose radian nudiy makes the Mafioso dizzy. She chains his heart up in her golden hair.
He lays down arms and his own old chains. Done: he surrendered.
To be continued at n°69.
La fin de l’Innocence - The end of Innocence
3 juin 2011
Elle était de ce monde en 69 — 69, chiffre réversible, l’union du masculin et du féminin à laquelle toute femme peut parvenir lorsqu’on lui en donne le temps. Et quant aux archives… Elle pourrait lire l’histoire de sa vie en caressant du bout des doigts les cicatrices de son cœur. Et si elle s’abandonne à ce nouvel été de l’amour comme si elle ne se rappelait rien, c’est pourtant en connaissance de cause qu’elle s’avance vers le péril, souriante, comme elle s’offre à la brume langoureuse de son parfum.
Odeur paradoxale, d’ailleurs, fraîche comme un coup de langue dans une glace à la vanille, archaïque comme les offrandes qu’on brûle aux dieux depuis des millénaires… Ses gouttelettes lui piquent la peau comme des flocons de neige ; elles lui rappellent, de loin, le premier parfum de femme qu’on lui a offert. A l’époque, elle l’avait trouvé trop dame, mais elle était bien plus vieille alors. Elle est plus jeune, maintenant. Neuve comme ce parfum qui sent la chemise fraîchement repassée, d’une blancheur qui appelle la tache.
Les gouttes de jus de mandarine qui giclent lorsqu’elle fend la peau du fruit d’un coup d’ongle comme on rouvre une vieille blessure. Puis la chair sombre et pulpeuse d’une prune, aussi tendre et facile à meurtrir que la sienne – pourquoi le cœur ne s’endurcit-il pas à force de battre ?
Bouffée de chaleur : poivre et piment, rose et rouge comme un baiser avide. Ceci est un festin cruel, frais et brûlant, suave et mordant. Elle se gave du miel de ce nouvel amour, comme une fillette de gourmandises interdites. Mais la vanille n’est-elle pas aussi une espèce d’orchidée ? Fleur de serre, aussi fragile et difficile à faire croître que cette passion dont elle observe les pétales se dérouler ; aussi miraculeuse et narcotique.
Jadis, elle a cru que l’amour était un tribut dû par nature à sa jeunesse ; elle sait désormais que c’est un saisissement de l’âme, Vénus toute entière à sa proie attachée. Et sur l’autel de bois précieux de la déesse – cèdre de l’Atlas cuiré, animal, et patchouli camphré, avec ses teintes de chocolat noir – elle est prête à brûler ses souvenirs. Ils grésillent et crépitent comme de résines : benjoin lacté, épicé à l’arôme de vanille, encens mystique et sombre teinté de zeste et de sang…
Combustible comme le camphre, elle veut se consumer dans cet amour pour en sortir rachetée, car elle l’a appris : on ne meurt jamais vraiment d’amour. Et on ne le perd jamais entièrement. Une bouffée de parfum le ramènera toujours.
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She was in this world in 69 – a reversible numeral, the union of the masculine and the feminine a woman can achieve in time. And as for archives… She could read her life story with her fingertips just by running them lightly on the scars of her heart. And yet in the first fresh stirrings of this new summer of love, she steps into peril knowingly, laughingly, as she yields to the languorous haze of her fragrance. It is an odd one, this scent, a barely tenable paradox, as candid as a lick of vanilla ice cream and as ancient as the burnt offerings of mankind to the gods…
The droplets prickle her skin like snowflakes; they trail the faint reminiscence of the first grown-up perfume she was ever given. At the time she’d thought it too ladylike, but she was so much older then, she’s younger than that now. So is this: crisp as a freshly laundered white shirt – too white not to mess up. She will. Splashes of mandarin juice as she splits the skin with a nail as she’d reopen a wound; then the dusky plump flesh of a plum, as tender and easily bruised as her own – why is it that the heart never hardens under blows?
A hot flash: pepper, as pink and red as a hungry kiss. This is a cruel feast, hot and cold, suave and biting. She is gorging herself on the honey of this new love like a little girl on forbidden sweets. But isn’t vanilla a species of orchid? A hot-house flower as fragile and treacherous to grow as this passion she is watching unfurl; as miraculous and intoxicating.
She once thought love was a due to be paid to her youth, but now she knows it is a seizure of the soul, Venus fastening wholly on her prey. And on the goddess’s altar of precious woods – leathery, animal Atlas cedar and warm, camphoraceous patchouli with its tinge of dark chocolate – she is willing to burn her memories. They sizzle and crackle like resins: milky, spicy benzoin as fragrant as vanilla and dark warm mystical incense with its hints of zest and blood…
She is as flammable as camphor. She will consume herself in this love then rise again, redeemed, for this is her hard-gained knowledge : love never truly kills. And it is never truly lost. A whiff of her scent will bring it back.


Posté par etatlibredorange




