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    LIKE THIS. Tilda Swinton by Etat Libre d’Orange

    10 mars 2010

     

    If anyone asks you
    how the perfect satisfaction
    of all our sexual wanting
    will look, lift your face
    and say,

    Like this.

    When someone mentions the gracefulness
    of the nightsky, climb up on the roof
    and dance and say,

    Like this.

    If anyone wants to know what “spirit” is,
    or what “God’s fragrance” means,
    lean your head toward him or her.
    Keep your face there close.

    Like this.

    When someone quotes the old poetic image
    about clouds gradually uncovering the moon,
    slowly loosen knot by knot the strings
    of your robe.

    Like this.

    If anyone wonders how Jesus raised the dead,
    don’t try to explain the miracle.
    Kiss me on the lips.

    Like this. Like this.

    When someone asks what it means
    to “die for love,” point
    here.

    If someone asks how tall I am, frown
    and measure with your fingers the space
    between the creases on your forehead.

    This tall.

    The soul sometimes leaves the body, the returns.
    When someone doesn’t believe that,
    walk back into my house.

    Like this.

    When lovers moan,
    they’re telling our story.

    Like this.

    I am a sky where spirits live.
    Stare into this deepening blue,
    while the breeze says a secret.

    Like this.

    When someone asks what there is to do,
    light the candle in his hand.Like this.

     

     

    How did Joseph’s scent come to Jacob?

    Huuuuu.

    How did Jacob’s sight return?

    Huuuu.

    A little wind cleans the eyes.

    Like this.

    When Shams comes back from Tabriz,
    he’ll put just his head around the edge
    of the door to surprise us

    Like this.

    From ‘The Essential Rumi’, Translations 
    by Coleman Barks with John Moyne

     

     

    Lancement du parfum LIKE THIS le samedi 13 mars 2010.

    50ml, 79€


    29 janvier 2010

    EDITION LIMITEE, du 30 janvier au 13 février

     

     

     

     

     

    A l’occasion de la Saint-Valentin, Etat Libre d’Orange vous propose un coffret en édition limitée : 100ml de l’eau de parfum de votre choix, dans un écrin de velours rouge.

     

    Gamme institutionnelle : 89,00 €

     Eau de Protection Rossy de Palma : 99,00 €

    Tom of Finland : 99,00 €


    A beginning is a very delicate time…

    19 janvier 2010

    ” A beginning is a very delicate time

    ….. But the end just hurts! “

    Thomas Middleton (1580-1627)

    Our forthcoming Creation “ARCHIVES 69” embodies the schizophrenic symptoms of LOVE partaken between Romance and Pornography, code-named under the title “Suck my dick, Bitch” from the eponymous Song by the Gangsta Rap Group “NIGGAZ WITH ATTITUDE” this is our Manifest Destiny.

    Launch expected in September 2010 …

    But “en avant-première”, here is the Poem, written by INGRID ASTIER:

    ARCHIVES 69

    PART ONE

    « sacré soleil, tu te régales des cuisses incarnates entre les cuisses du temple »

    Henri Pichette, Les Épiphanies.

    Froissement des corps.

    Phosphores du regard.

    Lui, penché sur elle.

    Cœur qu’on pénètre, corps qu’on déchiffre.

    Battements du cœur.

    170 bpm & 8-bit.

    Regard rivé sur sa fente. Main qui avance et entaille, épée de chair.

    Sous les doigts, les seins glissent.

    La main dans les cheveux. Elle aurait pu être blonde.

    La main dans les cheveux. Elle le sera un jour. Peut-être.

    Qu’importe.

    La main dans les cheveux. Je cherche les yeux.

    Droit devant.

    Aspire-moi.

    Aime-moi, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle, dit-elle.

    Marée montante, marée descendante. Écume et traces, sûre morsure.

    Sueur citron.

    Explosion.

    Discharge.

    Battements du cœur.

    110 bpm. 120 bpm. 130 bpm. 140 bpm. 150 bpm. 160 bpm. 170. 170. 170.

    J’aimerais avoir deux corps. Dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il, dit-il.

    Aimer, sûre aimantation, lente dévoration.

    Reptation duelle.

    L’œil, insolent solitaire, erre, erre, erre.

    Dans les replis du corps, je cherche mon âme.

    Entre mes jambes, un revolver fumant.

    Je me dirige vers la fenêtre, et grille une cigarette.

    Battements du cœur.

    140 bpm.

    Bénir la chute.

    Ce soir, la mort peut attendre.

    Jouis.

    Ad libitum.


    Mais encore…

    Il était fier de se sentir atomisé.

    Avant elle.

    Avant de rencontrer son regard, ce face-à-face avec lui-même, il clamait haut et fort qu’il avait rompu ses valences. Il était en gravitation solitaire.

    Libre. Haut et fort.

    Alors que ce soir, il ne sait plus parler, que media voce. Parler à l’oreille. Que devient un homme lorsqu’il ne parle plus, ni aux yeux, ni à la bouche, mais à l’oreille ?

    Il la regarde hamper autour de son corps.

    Elle ne le voit plus. Elle le vit.

    Ensemble ils réalisent le mystère, d’une respiration commune. Muscles tressés par le désir.

    Est-ce cela l’amour ?

    24 heures ou la vie, qu’importe. Mort aux chiffres, face aux instants.

    Entre toi et moi, qui y a-t-il ?

    Nous.

    Nous, ce peut-être entre ?

    Il cherche ses lèvres.

    Entre en nous.

    [L’homme brise l’ampoule entre ses mains]

    Parce que nous n’avons plus besoin de voir.

    Marée noire.

    A piacere.

    « je pense à la chaleur que tisse la parole

    autour de son noyau le rêve qu’on appelle nous »

    Tristan Tzara, L’Homme approximatif.


    Fétichisme olfactif: zones à parfumer

    4 décembre 2009

    2. BARBER SHOP

    D’abord on s’allonge sur le siège en cuir patiné. On se conforme à l’empreinte callipyge laissée par nos prédécesseurs. C’est la vraie mémoire des corps. Le bonheur y est horizontal, ou plutôt oblique, à l’instar de tous les sentiments que cette position suscite. C’est l’heure du bain, de la toilette qu’on ne se prodigue pas à soi-même. On attend de recevoir par tous les pores cette sollicitude cosmétique, d’absorber un regard pénétrant (sur) notre épiderme public.

    Le rituel est précis, autrement la cérémonie serait absurde. D’abord la serviette autour du cou, réminiscence d’une mise en bouche imminente et pourtant retardée. Le noeud, bien serré, confirme un savoir-faire que ne dément pas le geste circulaire du poignet sur le savon. Le blaireau (Dieu que les appellations devraient parfois oublier leur étymologie!) se charge de mousse laiteuse: un miel blanc, viril et chargé d’écume. Les notes santalées affleurent sous une pointe de jasmin, c’est la route des Indes.

    Puis le métal s’incline sur la peau. Solo du rasoir. La lame caresse la joue, monte sur la mandibule, redescend sur la pomme d’Adam. Les arêtes sont redessinées, le visage retrouve sa géométrie, le menton renaît glabre et fier. Parfois on retrouve une fossette. L’histoire raconte que son origine remonte à la faute d’un jeune barbier dont l’envie de trancher était irrésistible. Son geste ne fut pas fatal, mais en punition, le sillon demeura et devint la hantise de toute la profession. Comme il est connu que les malheurs des uns font le bonheur des autres, ce creux est pour nous autres un vrai régal, car souvent l’after-shave s’y perd, et le nez s’y loge si bien…


    Révélateur

    4 décembre 2009

    Il est des lapsus heureux, qui nous vont droit au coeur. Alors merci à celle qui se reconnaîtra pour ce superbe “Etat Libre dérange”.